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Biographie de Patrick Fiori, par Patrick Fiori

...Derrière chez moi...

Je suis né près de la grande bleue, entre le sel et les cigales...
Là où il fait beau pour les yeux, là où les coeurs parlent aux étoiles: j'ai en moi les mots de Pagnol, ceux qui ont plus à tout la terre, des chansons aux milles paroles entraînantes, mais surtout sincères.
Ici, j'ai rencontré des gens pour des parties de rigolades, ici, les gestes sont si lents qu'on ne peut craindre de bousculade, mais lorsque l'un d'eux se pose sur une épaule, un visage, c'est une caresse bien méritée, un supplément à nos bagages...
Plus tard, je tombe sur ceux qui écoutent, ceux qui dans leurs têtes voyagent, ceux qui n'ont pas le vent en poupe, mais qui se nourrissent de nuages. Ils ne sont ni riches, ni pauvres, ces musiciens, ces saltimbanques, la même maladie, je suppose, qui me tue, qui me manque: LA MUSIQUE...

Je peux vous dire, je me souviens des concours de chant tellement fragiles, où je connaissais déjà le gagnant, dans une voiture blanche des villes, où la famille était dedans, rouler de villages en villages avec des visages fatigués, déçus ou heureux du voyage quand la victoire m'attendait.
Un peu tout et n'importe quoi, je me souviens...
Les pique-niques improvisé où les concurrentes en dentelle passaient leur temps à se coiffer, un jean, une paire de basket, voilà mes armes pour exister, ma voix qui sonne en trompette, puis résonne l'heure de vérité, quand le coeur n'en fait qu'à sa tête, j'étais sur scène et je chantais... Je n'ai pas vu la terre souffrir, pas regardé la télé, je m'acharnais à dire "le meilleur c'est Bob Marley", j'ai seize ans et l'arrogance qui fait celui qu'on est... Du reggae, où la voix se déchire, vient ensuite Goldman et je sais que je dois lui écrire, une jour. pour pouvoir le chanter...
J'aimais sa voix, ses mots, sa musique, il m'avait transporté. Je n'allais plus à l'école, le chanteur m'avait condamné. Alors, mes premières paroles écrites sur du papier la nuit, éclairé par les lucioles et des histoires pas toutes comprises, des "je t'aime" à n'en plus finir, des mélodies à mourir de rire, des pianos désaccordés, et pauvre de moi, j'y croyais.
Plus tard, j'ai rencontré Bernard (Di Domenico) l'homme qui ne fait rien à moitié, il racontait de si belles histoires que je pouvais en chialer, il prenait ma mémoire la faisait vasciller, Beber, mon ami, ma fierté. Nous voilà les deux fêlés à Paris sur un quai de gare, sans un rond, sans même rien à bouffer, la tête remplie de boulevards, et des tonnes de rendez-vous désordonnés... Ici on a cru que l'histoire pouvait pousser. mais c'est à pied qu'on s'est barré, avec plein de choses à raconter...

Les années passent, aller-retour, les mêmes blessures, mais encore et toujours, cette putain d'envie de chanter, les auditions, faire bonne figure, être bien rasé, bien parfumé et... MAMA CORSICA s'il vous plaît Eurovison, finir quatrième sur vingt-cinq pays concernés, pas mal pour un chevelu plein d'acné... Ainsi me vient des idées folles, la métamorphose a frappé, je veux faire du rock'n'roll, j'écris à Goldman pour de vrai et comme tous les grands, il me répond, événement tellement rare...
Il me répond que le temps lui manque, qu'il est sur d'autres projets, il me souhaite le meilleur, et qu'il me faudra travailler pour le trouver... A suivre.

Entre temps je colle mes affiches, j'organise mes propres concerts, me mêle à d'autres artistes... Des musiciens motivés, des copains improvisent les lumières, le son et allument les briquets... On s'est régalé... Par la bande, j'apprends alors que Luc Plamandon revenait avec un spectacle musical, Notre Dame de Paris... Sans me poser de questions, je prends le TGV, j'ai la pression pour de bon, quarante de fièvres, c'est pas gagné. Belle, puis Déchiré, derrière un énorme micro jaune, la peur au ventre, j'ai tout donné. Cocciante, Plamandon qui m'écoutaient, malgré quelques mots échangé,s dans rien à signaler, aucun message à dévoiler... J'ai tout de suite compris qu'après moi, d'autres soldats voulaient gagner, encore un dernier train, destination soleil, et dans mon étui à guitare, mon nom sur un bout de papier.
C'est l'été, le téléphone vient de sonner, je dois y retourner... Face aux spécialistes, je dois chanter, un sourire, une voix belle et un temple d'humidité... Bienvenu Phoebus... J'aurais dû me rouler par terre, me taper la tête au plafond, sauter comme un cabris, je me suis contenté de contenir ma joie dans cette boîte humaine pour ne l'offrir qu'à ceux que j'aime... Ridicule comme comportement, ridicule...
Vous connaissez la suite... des millions de disques vendus, deux années de tournée, mais surtout une expérience humaine formidable.

Vient, maintenant mon tour de tenir la barre...
De retrouvailles en rencontres, des concert aux plateaux TV, je m'entoure d'une famille de coeur avec qui j'apprends à travailler... Trois albums pour me raconter, "J'en ai mis du temps", "Elle est", Que tu reviennes", "Je sais où aller", "sans bruit"...

Tout ça pour dire, qu'encore une fois, je vous raconte un autre bout de mon histoire, et même si des histoires on en connaît, plus fort et pour toujours je les chanterais...

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# Posté le lundi 06 novembre 2006 05:07

Modifié le samedi 27 septembre 2008 13:27

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